Lettre ouverte au cancer

Lettre ouverte au cancer

7 milliards.

Stromae chante « Cancer quand c’est ».
On te craint Cancer, et tu le sais.
Tu frappes là où ça fait mal et surtout quand personne ne s’y attend.
Mais dit moi Cancer, dit moi pourquoi sur les 7 millards d’hommes sur la planète, dit moi pourquoi tu ne t’attaque pas ceux qui sont inhumains ?
Ceux qui tuent, ceux qui violent, ceux qui séquestrent des petites filles de 8 ans dans leurs placards, ceux qui rouent leurs femmes ou leurs enfants de coups ?

Puisque tu ne sembles pas comprendre quand on te parle, je vais te parler comme on parle aux enfants. Alors dit moi, Cancer, pourquoi tu t’attaques aux gentils et pas aux méchants ?

Mamies.

Cancer, il y a une vingtaine d’années tu t’es attaqué au sein de ma mamie P.
Tu sais Cancer, il y a une vingtaine d’années ma maman n’avait pas loin de vingts ans. Tenter de prendre sa mère alors qu’elle n’avait que 18 ans, quelle idée t’es passée par la tête Cancer ?
Mais cette fois Cancer, la science a eu raison. La médecine a sauvé Mamie P.
Mais tu sais Cancer, on ne crie jamais victoire avec toi. Car tu bouffes les gens même des années plus tard.
Parce que tu nous ramènes ton fils Cancer, tu nous ramènes « récidive » que l’on appelle aussi « rechute ».

Cancer tu fais du mal, tu le sais. Quand tout le monde croit que la tempête est terminée, tu réapparais.
Et comme si Mamie P. ne t’avait pas suffit..
Comme si tu n’étais pas satisfait..
Cancer, tu as décidé de nous frapper, une deuxième fois.
Mais cette fois cancer tu as eu ce que tu voulais.

Il y a un mois, jour pour jour, tu as pris Mamie C.

Et cette fois tu ne t’es pas contenté de nous faire peur. Cette fois, Cancer, tu nous as claqué la porte au nez. Tu ne nous a pas laissé le temps de réagir.
Cancer, moi je ne connaissais pas la mort, je ne connaissais pas la mort injuste, je n’avais pas vécu la mort.
Mais à cause de toi Cancer, mon coeur est brisé.

Il y a quelques mois tu t’es attaqué à sa peau. Mais Mamie n’a rien dit. Mais tu n’as pas fait que ça Cancer, son grain de beauté ne t’a pas suffit, tu t’es attaqué aussi à son sein.
Et un samedi de février, tu as dû penser que ce n’était encore pas assez. Donc, tu t’es attaqué à ses poumons.
Tu l’as fatiguée, et tu l’as empêché de respirer petit à petit. Tu l’as contrainte à rejoindre les soins intensifs Cancer, tu l’as contrainte au masque à oxygène. Tu l’as contrainte aux médicaments, aux piqûres.
Tu es un malin cancer d’ailleurs, car au début tu nous a fait croire à une embolie pulmonaire. Mais non cancer, c’est bien toi qui t’es installé dans ses poumons.

C’est toi qui a grignoté chaque partie de son corps, c’est toi qui a attaqué le foie.
C’est toi cancer qui a attaqué son corps.
C’est toi qui a attaqué ma mamie.

Tu sais ce n’est pas juste Cancer, quand tu attaques, tu as les armes. Et tu t’attaques toujours à des gens sans défenses. Le combat n’est pas équitable Cancer.
Mamie C. a bien tenté de se battre. Mais cancer tu ne lui a pas laissé de chance. Pas cette fois.
Mais face à toi Cancer, parfois on ne peut rien faire.
Face à toi cancer on ne peut qu’avoir les larmes qui coulent. Et attendre.

Attendre qu’un soir, qu’un mardi soir de mars, tu te décides de prendre celle qu’on aime. Cancer, je te hais car tu nous pris une mère, une femme, une épouse, une soeur…
Cancer, je te hais parce que tu ne m’as pas laissé le temps de lui dire au revoir de vive voix. Cancer, je te hais car j’ai vu ma famille meurtrie.
Cancer, je te remercie juste de ne pas l’avoir fait souffrir.
Mais Cancer, je te haïrais toujours de nous avoir infligé ça.

Cancer maintenant je t’en prie, laisse nous. Laisse nous vivre. Laisse les gens, laisse ma famille. Va voir ailleurs. S’il te plaît, laisse nous être heureux.

Cancer, vous est sûrement aussi familier à vous qui me lisez. Je sais que ma Mamie C., vous rappellera quelqu’un, quelqu’un qui vous manque, quelqu’un que Cancer a pris. Car Cancer frappe partout et tout le monde, que ce soit vos grands parents, vos parents, vos enfants, vos amis..

Je voulais juste vous dire, à travers ce texte, à travers ces mots. Que le Cancer, qu’il soit du sein, des poumons, du sang, des os, du foie, du pancréas, de la prostate touche n’importe qui. Et toucher n’importe qui, revient à toucher tout le monde. Vous, moi, vos parents, vos proches, mes proches…

Donc même si ça semble simpliste, je n’ai qu’un chose à dire, c’est de profiter de vos proches Profiter à chaque instant, profiter des bons moments, profiter pour dire les choses, exprimer vos sentiments…

J’ai eu la chance d’avoir Mamie C., à mes côtés toute mon enfance. Mais évidemment je ressens un vide immense face à ce que Cancer nous a arraché, en pensant à tout ses anniversaires qu’elle ne fêtera plus avec nous, le bac de ma soeur, mon DUT, mon master. Elle ne connaîtra pas mes enfants, ni n’assistera à mon mariage. Tant d’étapes que l’on franchira sans elle car Cancer en a décidé ainsi.

Mais n’oubliez pas que Cancer n’est pas seul à vous prendre vos proches, il y a accident, maladie.. Mais mon préféré parmi tous restera vieillesse…